Depuis le parking de Campitello, aucune sortie ne commence à plat. Le village tient sur une pente : le bas de Panicale à 490 m, la chapelle de Bagnolu à 585 m, et le parking à mi-hauteur, au niveau de l’église. On part en descendant, ou on part en montant. Le retour fait l’inverse, et personne ne rentre par un autre chemin : rien ne boucle ici.
Quatre balades courtes tiennent dans le créneau qu’on n’avait pas prévu de passer à marcher, entre vingt minutes et une heure. Pour quelqu’un qui n’était pas venu pour ça, le bon est la montée à la chapelle de Bagnolu : la côte est à l’aller, la descente au retour. C’est l’inverse du sentier de la Madonna, que toutes les fiches mettent en avant.
Ce qui compte comme balade courte au départ du village
Les circuits classés sous le nom de Campitello dans les bases de randonnée partent presque tous d’ailleurs : Murato, Rutali, Olmeta-di-Tuda, Lento, c’est-à-dire de l’autre côté du col de Bigorno ou dans le Nebbio, pour deux à cinq heures de marche. Quatre parcours seulement quittent le parking municipal et y ramènent dans l’heure, et un seul est fléché.
Le critère qui les sépare du reste tient en trois conditions : on laisse la voiture, on rentre avant la fin du créneau, et le sol reste lisible sans carte. Une route goudronnée, une ruelle ou un sentier à panneaux. Deux itinéraires y échouent de peu.
Les vieux chemins qui montent au-dessus de Bagnolu vers la crête, pour commencer. Ils existent et figurent sur la carte. Ils ne portent ni peinture ni cairn, et ils passent à 678 m puis à 879 m avant de basculer vers le nord-est, loin du village. C’est une autre journée.
Bigorno à pied ensuite, où la liaison directe existe bel et bien : 2,1 km depuis le parking, dont 1,3 km de sentier qui traverse le versant depuis Panicale avant de rejoindre la route de Ficajola. Aller et retour, ça fait 4,2 km, 230 m de montée cumulée et près de deux heures sur une trace sans balisage. La route, elle, met six minutes.
| La balade | Aller et retour | Le dénivelé, et quand il tombe | Le sol | À compter |
|---|---|---|---|---|
| Le bas du village, jusqu’à Panicale | 0,8 km | 42 m, en descente à l’aller | ruelle, puis 40 m de sentier | 20 à 25 min |
| Progliolu, au bout est du village | 1,2 km | 39 m, en montée à l’aller | ruelle et D7 | une demi-heure |
| La chapelle de Bagnolu | 2,2 km | 53 m, en montée à l’aller | D7 sur 700 m | 50 min |
| Le sentier de la Madonna | 2,2 km | 110 m, en montée au retour | sentier fléché, sans goudron | 1 h |
Le tableau se lit surtout dans sa troisième colonne. Trois des quatre parcours montent à l’aller, un seul descend, et c’est celui qui a le plus gros dénivelé.
L’écart se paie deux fois, à l’aller puis au retour. Ce qui change d’un parcours à l’autre, c’est l’ordre dans lequel on le paie.
La chapelle de Bagnolu : la seule montée qui vient au début
Du parking à la chapelle de l’Immaculée Conception, il y a 1 085 m de route et 53 m de dénivelé. La chapelle occupe le point le plus haut du village habité, à 585 m. Aller et retour, comptez 2,2 km et une cinquantaine de minutes en marchant sans forcer.
Le trajet surprend, parce qu’il commence du mauvais côté. On sort du parking vers l’est, on descend jusqu’au niveau de Progliolu, et c’est de là seulement que la D7 remonte, contourne le nord du village par une grande épingle à 577 m, puis redescend de quelques mètres sur Bagnolu. Comptez 700 m de D7 sur les 1 085. À vol d’oiseau, la chapelle est à 200 m du parking : on en marche cinq fois plus.
À prendre quand on veut en finir avec la côte tout de suite et rentrer en descente, ou quand le sol est mouillé, puisque rien n’y glisse. C’est le seul des quatre qui tienne en chaussures de ville par tous les temps.
En échange, du goudron du premier au dernier mètre, sur la seule route du village. Entre le parking et l’épingle nord, il n’y a rien à regarder que des murs et des jardins en terrasse. Et le détour par Progliolu agace quiconque a vu la chapelle depuis le parking.
Le sentier de la Madonna : une heure, et l’effort à la fin
C’est le seul parcours fléché au départ du village, et le seul qui quitte le goudron sur toute sa longueur. Il fait 2,2 km aller-retour pour 110 m de dénivelé, environ une heure sans les arrêts, sur une fiche de randonnée qui annonce une difficulté facile et ne se trompe pas.
Ce que la fiche ne dit pas dans cet ordre : le parking est le point haut et les rochers le point bas. Les 110 m se montent au retour, sur 1,1 km, après que tout le monde a déjà marché. Le demi-tour tombe au tiers du temps de marche, pas à la moitié. Le détail vaut d’être connu avant de partir avec des enfants, parce que la sortie n’a pas la forme que son profil laisse croire.
C’est la sortie de juillet et d’août : l’ombre est continue dans la chênaie du bas, alors que les trois autres se font en plein soleil. C’est aussi la seule qui donne un vrai sentier sous les pieds.
On redescend au même endroit par le même chemin, et la boucle annoncée ici et là n’existe pas. En bas il y a quatre rochers et une source, rien d’autre : le fond du vallon est fermé par la chênaie, et rien ne s’y ouvre sur la vallée. Sous la pluie, les escaliers de pierre glissent comme n’importe quel escalier de pierre.
Progliolu : une demi-heure vers le bout est du village
Du parking, on suit la ruelle vers l’est, on rejoint la D7 et on monte doucement jusqu’aux dernières maisons. Le trajet fait 580 m pour 39 m de dénivelé, et s’arrête à 570 m d’altitude. Aller et retour, une demi-heure.
C’est le bout du village du côté où la vallée s’ouvre. La D7 continue de là vers l’est en perdant 100 m sur les deux kilomètres suivants, et on voit la descente se dérouler avant de faire demi-tour. Progliolu compte quelques maisons et rien d’autre : pas de commerce, pas de fontaine, aucun service.
La demi-heure de fin de journée, pour qui n’a pas envie de descendre afin de devoir remonter ensuite. C’est la seule des quatre qui monte à l’aller et reste courte.
Reste qu’on hésite à appeler ça une balade, et qu’une partie se fait sur la chaussée de la D7, sans trottoir ni accotement. Le retour est une descente de 400 m, ce qui ne réchauffe personne un soir de mars.
Le bas du village : vingt minutes jusqu’à Panicale
Le parking et le cul-de-sac où la route s’arrête, à 490 m, sont séparés de 380 m. On passe devant l’église San Petru, on longe le hameau de Panicale et ses fours à pain, et les 40 derniers mètres se font sur un sentier qui descend entre les terrasses. En tout : 42 m de dénivelé, vingt à vingt-cinq minutes aller et retour.
C’est la plus courte des quatre, et de loin.
Vingt minutes dans les chaussures qu’on a aux pieds, soit le temps qu’il faut à quelqu’un d’autre pour visiter l’église. C’est aussi le seul moyen de voir le bas du village sans descendre jusqu’aux rochers de la Madonna.
La route meurt là, et rien ne s’ouvre au bout : le sentier des dernières dizaines de mètres se perd dans les terrasses. Quarante-deux mètres de remontée ne fatiguent personne, mais ils arrivent tout de même au retour, comme partout ici.
Ce qui rentre dans le temps qu’il reste
Les durées du tableau valent pour un adulte qui marche sans traîner. Un groupe qui s’arrête aux fours à pain et devant chaque portail met la moitié de plus, et les mêmes parcours ne rentrent plus dans le même créneau.
Le calcul retient le parcours le plus long qui tienne dans le créneau, parce que le plus court laisse toujours du temps sur les bras. Rien n’oblige à le suivre : quarante-cinq minutes bien remplies au bas du village valent mieux qu’une heure à surveiller la montre sur le sentier de la Madonna.
Ce qu’on voit depuis le village et qui ne se marche pas en une heure
Au nord, le versant repart d’un trait au-dessus des dernières maisons et ne s’arrête qu’à la crête, autour de 1 100 m. Le castello de Montechiaro s’y accroche à 906 m, à moins d’un kilomètre du parking à vol d’oiseau. Aucun chemin tracé ne l’atteint depuis Campitello : celui qui monte de Bagnolu passe à 480 m de la tour et file ailleurs.
Ce qui dépasse la crête se rejoint en voiture, pas à pied. Les crêtes du Tenda et Sant’Anghjulu partent du col de Bigorno, sept kilomètres de route plus haut. Une balade courte au départ de Campitello reste une balade dans Campitello.
L’eau se règle avant de partir. La commune est classée en totalité en forêts et milieux semi-naturels : pas un commerce, pas une pompe, rien qui se boive en chemin. Ce qu’on emporte est ce qu’on avait mis dans la voiture. Par temps chaud, ça pèse sur l’heure du départ plus que sur le parcours, et la fin de matinée vaut mieux que le début d’après-midi.