Volpajola tient sur deux étages. En haut, un village de schiste à 368 m, étiré sur une arête, avec quatre hameaux serrés autour : Costa Sorbo, Trave, Casellaje, Quarcetto. En bas, au bord du Golo, Barchetta : la nationale, la voie ferrée, une cheminée d’usine. Cinq kilomètres et demi de route séparent les deux, et près de trois cents mètres de dénivelé.
La commune compte 418 habitants au recensement de 2023, sur 13,03 km². C’est la moitié de la population de toute la Costiera, et quatre fois Campitello. C’est aussi la seule des cinq dont la route d’accès commence sur son propre territoire : la RD 15 quitte la nationale à Barchetta et monte au village. Quand on gagne Campitello par l’est, on passe par là.
418habitants au recensement de 2023
368 mle village, le plus bas des cinq de la Costiera
45 à 1 231 mdu lit du Golo à la ligne de crête
5hameaux, Barchetta comprise
Le village à 368 m, et les quatre hameaux qui l’entourent
Le bâti ancien se reconnaît de loin. Des maisons hautes, aux façades étroites et aux toits de lauzes, alignées le long d’une croupe qui descend vers le sud et domine le Golo. Le schiste gris est celui du versant. Au-dessus, à 606 m, Scolca ferme l’horizon : 238 m d’écart entre les deux villages, 2,8 km de route pour aller de l’un à l’autre.
Les quatre hameaux ne sont pas des écarts lointains. Costa Sorbo prolonge le village à l’ouest, au point qu’on passe de l’un à l’autre sans s’en rendre compte. Trave est à l’est, Casellaje au nord, Quarcetto au sud-est. Aucun n’a de commerce ni de service. Le maquis autour garde des vestiges de fontaines, de moulins à eau et de pressoirs à huile.
| Hameau | Où | Ce qu’on y trouve |
|---|---|---|
| Costa Sorbo | à l’ouest, vers 395 m, dans le prolongement direct du village | on y entre sans s’en apercevoir |
| Trave | à l’est | cité comme lieu habité dès le début du XVIIIe siècle |
| Casellaje | au nord, au-dessus du village | des maisons, rien à visiter |
| Quarcetto | au sud-est | l’église San Cesariu, datée de 1400 |
| Barchetta | en bas, au bord du Golo, vers 90 m | la nationale, la gare, la cheminée de l’usine |
Trave et Quarcetto ne sont pas des extensions récentes. Un état génois du début du XVIIIe siècle dénombre les lieux habités de la piève de Bigorno et les cite séparément, à côté de Volpagiola : Trave e Querceto. La piève comptait alors 1 060 habitants, dont 150 pour Volpajola.
C’est à Quarcetto que se tient San Cesariu, nef unique et abside en cul-de-four, datée de 1400 par une pierre de son mur latéral et encore paroissiale en 1646. De là vient le triptyque de 1511 conservé aujourd’hui à l’Annunziata, sauvé de l’incendie de son église d’origine. Plus au sud-est, sur une colline à 475 m qui domine la vallée, la chapelle San Pietro a perdu sa charpente depuis longtemps. On y monte par une piste.
Le nom corse de la commune est a Vulpaiola, ses habitants les Vulpaiacci. On y entend volpe, le renard. Une autre lecture circule dans la vallée, valle di l’oliu, la vallée de l’huile : Volpajola a vécu de l’olivier quand ses voisines vivaient du châtaignier, et quelques oléiculteurs y sont revenus. Ni l’une ni l’autre de ces étymologies n’est démontrée.
Barchetta, en bas, où se concentre la population
Barchetta est née de la route et du rail. Elle occupe le carrefour de la RN 193 et de la RD 15, sur la rive gauche du fleuve, vers 90 m, et se prolonge au-delà du pont, sur la commune de Campile. C’est le point le plus habité de la commune, et le seul qui ait des commerces : ce qu’on y trouve pour manger est détaillé ailleurs. Sa gare n’est plus qu’un arrêt facultatif des Chemins de fer de Corse.
Une cheminée de brique tient encore debout au bord du Golo. Entre 1897 et 1907, la Société corse pour le traitement des bois, dont le siège est à Bastia, fait construire là une usine et ses dépendances pour extraire le tanin du bois de châtaignier. La production d’extrait tannant s’arrête en 1939, concurrencée par l’Argentine et l’Afrique du Sud ; l’usine fabrique ensuite du parquet en châtaignier jusqu’en 1963, puis ferme. La fermeture, partagée avec l’usine jumelle de Ponte Leccia, emporte 270 emplois salariés et plusieurs centaines de bûcherons et de transporteurs. Une scierie prend la suite. Un incendie l’arrête en 1969. Le site a été réaménagé en 1999 pour le recyclage du verre, et l’ancien atelier d’acide gallique détruit à cette occasion.
Pourquoi la commune compte quatre fois plus d’habitants que ses voisines
La courbe de population de Volpajola ne ressemble à aucune autre dans la vallée. La commune comptait 492 habitants en 1968, 275 en 1990, 418 au recensement de 2023. Une chute de moitié, puis une remontée qui dure depuis trente ans. Partout ailleurs sur la Costiera, la courbe descend et ne remonte pas.
La population de Volpajola, d'un recensement à l'autre
1968492
1975460
1982281
1990275
1999366
2007433
2012453
2017390
2023418
L'usine de Barchetta ferme en 1963. Le creux tombe au recensement suivant.
La chute suit la fermeture de l’usine, avec un décalage d’une génération : 460 habitants en 1975, 281 en 1982. La remontée, elle, ne doit rien au village. Elle se joue en bas. Barchetta est à 13 km de Casamozza et à 31 km de Bastia par la nationale, une demi-heure de voiture ; le village perché est à trente-huit minutes par la même route, et il n’a pas regagné ce qu’il avait perdu.
| Commune | Habitants en 2023 | Superficie | Point le plus bas | Intercommunalité |
|---|---|---|---|---|
| Volpajola | 418 | 13,03 km² | 45 m | Castagniccia-Casinca |
| Lento | 117 | 23,72 km² | 131 m | Marana-Golo |
| Campitello | 107 | 8,22 km² | 112 m | Marana-Golo |
| Bigorno | 97 | 8,94 km² | 132 m | Marana-Golo |
| Scolca | 92 | 6,82 km² | 231 m | Marana-Golo |
Cet écart change ce qu’on trouve sur place. Une commune de cent habitants n’a ni commerce ni station-service ; quatre cents habitants rassemblés au bord d’une nationale, c’est assez pour que des commerces tiennent. C’est la différence pratique entre Volpajola et le reste de la Costiera, et elle ne se lit pas sur une carte.
Volpajola relève de la Castagniccia-Casinca, pas de Marana-Golo
C’est le piège administratif du secteur. Bigorno, Campitello, Lento et Scolca appartiennent à la communauté de communes de Marana-Golo. Volpajola non : elle est membre de la communauté de communes de la Castagniccia-Casinca, avec Campile, Crocicchia, Ortiporio, Penta-Acquatella et Prunelli-di-Casacconi, toutes situées au sud ou sur l’autre rive.
La raison tient au relief. La RD 15 franchit le Golo à Barchetta et continue vers Ortiporio et la Castagniccia : la moitié basse de la commune regarde le sud, pas la crête. Conséquence pour qui prépare sa visite : une brochure de Marana-Golo ne mentionne pas Volpajola, et chercher le village par son intercommunalité mène au mauvais endroit.
Monter à Volpajola, puis continuer vers Campitello
Une seule route monte depuis la vallée : la RD 15, qui quitte la RN 193 à Barchetta. La montée fait 5,5 km, huit minutes, 278 m de dénivelé, 5,1 % de moyenne. Elle se termine au village, où elle rejoint la RD 7.
La RD 7 est la corniche de la Costiera. Vers l’ouest, elle mène à Campitello en 5,7 km et neuf minutes, puis à Bigorno. Vers l’est, elle passe à Scolca et redescend sur la nationale par le col du Campo. Volpajola est l’endroit où la corniche touche une route de fond de vallée. C’est ce qui fait de la montée par Barchetta l’un des deux accès routiers à Campitello.
| Depuis le village | Distance | Durée |
|---|---|---|
| Barchetta, sur la RN 193 | 5,5 km | 8 min |
| Scolca | 2,8 km | 5 min |
| Campitello | 5,7 km | 9 min |
| Bigorno | 8,0 km | 13 min |
| Aéroport de Bastia-Poretta | 20,7 km | 27 min |
| Murato | 20,8 km | 31 min |
| Ponte Leccia | 22,2 km | 24 min |
| Bastia | 36,1 km | 38 min |
Ce que Volpajola n’a pas
Aucun sentier balisé ne part du village, et il n’y a ni belvédère aménagé ni table d’orientation. San Pietro est une ruine sans toit au bout d’une piste. San Cesariu se tient à l’écart, dans son hameau. La RD 15 comme la RD 7 sont étroites et sans accotement sur de longues portions, et le stationnement au village se limite à ce que la route laisse sur ses bords.
S’y ajoute une confusion d’adresse. Le nom de la commune recouvre deux endroits que 278 m de dénivelé et un quart d’heure de route séparent. Une adresse donnée « à Volpajola » désigne aussi bien le village que Barchetta, et les plateformes de réservation ne le précisent pas toujours. Le même piège se répète plus haut dans la vallée avec l’hôtel du bord de nationale rangé sous Campitello.
Volpajola ou Campitello : ce que chacun donne
| Volpajola | Campitello | Bigorno | |
|---|---|---|---|
| Le village | 368 m, sur une arête au-dessus du Golo | vers 500 m, en gradins | quatre hameaux, de 457 à 675 m |
| Habitants en 2023 | 418 | 107 | 97 |
| Depuis la RN 193 | la RD 15 monte de Barchetta, 5,5 km | aucune route directe | aucune route directe |
| À voir | le triptyque de 1511 de l’Annunziata, classé au titre des objets, et San Cesariu à Quarcetto | l’église de Panicale et le sentier de la Madonna | un col routier à 885 m, aucun édifice protégé |
| Commerces | à Barchetta, en bas | aucun | aucun |
| Intercommunalité | Castagniccia-Casinca | Marana-Golo | Marana-Golo |
Rien n’oblige à choisir : neuf minutes de RD 7 séparent les deux villages. La demi-journée la plus simple monte de Barchetta, prend le village et Quarcetto, continue vers Campitello et redescend sur la nationale à Ponte Novu. Une boucle, sans revenir sur ses pas. Elle se prolonge vers le col si on a la journée entière, et la boucle du col de Bigorno décrit ce tracé-là.